CULTURE | Où et comment pousse le café?

Longue et semée d’embûches gustatives est la route qui mène le bon café de la terre à la tasse! Édika vous emmène à travers le monde pour démystifier le café avec une série d’articles sur sa production.

Notre première escale vous invite à découvrir où et comment pousse le café.

Direction Antigua, au Guatemala, l’une des 5 régions productrices du pays. Nous sommes presque à mi-chemin entre tropique du Cancer et Équateur dans une petite ville historique qui pratique la culture du café depuis plus de 150 ans.

C’est au Guatemala que poussent les grains de café qui composeront plus tard nos fameux mélanges biologiques sélectionnés et torréfiés à Montréal 1980 et 1969 certifiés Ecocert et Faitrade. Les autres pays d’où proviennent nos grains sont la Colombie, le Honduras, le Pérou, le Nicaragua et le Costa Rica.

Café séchant au soleil dans la région d’Antigua (Photo: Christian Lacroix Torréfacteur )

L’intense activité volcanique de la région (deux volcans sont toujours actifs!) assure une terre riche en éléments comme le phosphore et le magnésium dont le café a besoin pour bien pousser.

Cette terre fertile appelée andisol est la raison pour laquelle tant de régions de la ceinture de feu pacifique (Colombie, Java, Pérou, Indonésie par exemple) sont réputées pour leurs cafés. Comme la vigne qui deviendra le vin, le caféier absorbe les propriétés du terrain, qui donneront son caractère unique au café. Cultivée ailleurs, la même graine donnera donc un goût différent.

Ombre et lumiére

Deux visions de la culture du café cohabitent : l’ombre et la lumière. La culture intensive en plein soleil expose les délicats plans de café au soleil. C’est donc une monoculture très gourmande en eau, dommageable à la biodiversité, créatrice d’érosion et donc d’appauvrissement des sols. De plus, elle expose les producteurs aux fluctuations des prix du marché, fixés à New York, sans culture alternative.

Face à cette technique nouvelle, la tradition agricole protège les caféiers sous la canopée d’autres plantes. C’est le café d’ombre. Cette forme de permaculture permet un maintien des niches écologiques pour insectes plantes et vertébrés. Et ceux-ci vont protéger les caféiers de leurs ravageurs.

« J’observe toujours le type d’arbre de la plantation. Des fois ce sont des bananiers […] des cèdres ou des eucalyptus. L’important c’est l’ombre, sinon les fruits vont rougir trop vite et ne pas avoir le temps d’extraire les sels minéraux »

Christian Lacroix lors de la Conférence édika « Le café autours du monde »
Visionnez l’intégralité de la conférence donnée par Christian Lacroix, maître torréfacteur, artiste et globe-trotter lors du Festival Montréal en Lumière 2020

C’est la solution la plus écologique si l’on exclut la récolte du café sauvage ( qui se pratique encore en Éthiopie). Mais elle offre cependant un faible rendement. Les grands crus du café comme le Geisha proviennent souvent de cette culture.

Entre ces deux visions, toute une palette intermédiaire d’exposition au soleil existe, comme la synergie de cultures ou polyculture. La plus fréquente est la culture en supplément de la banane (qui assure la couverture ombragée). D’autres plantes cultivées avec le café sont par exemple la mangue, le citron, l’avocat.

Voilà, nous avons parlé de la culture du café et de ses enjeux, mais ce n’est que la première étape de notre voyage qui va de la terre à votre espresso du matin!

Pour notre prochaine article, nous parlerons de la récolte du café!

Remerciements: Pour leurs précieuses informations et expertise Hind Kaddouri et Christian Lacroix. Photos Christian Lacroix Torréfacteur. Et pour les illustrations la Collection Gallica-BNF et Horhew (Deviant Art)

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *